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Titre et auteur :
« L'eau de vie qui ne mouille pas les mains » Carlos del Tilo

Objet :
Extrait du cahier Images cabalistiques et alchimiques, Beya, Grez-Doiceau (Belgique), 2003, pp. 109 à 120. Dans ce sixième chapitre, C. del Tilo s’est penché sur deux images illustrant L’Azoth ou le moyen de faire l’or caché des philosophes de Basile Valentin. Il explique que le mystère de l’alchymie n’est autre que la réunion des deux parties séparées par la chute de nos premiers parents. La première image représente la partie divine ensevelie dans la terre ; la seconde est une allégorie de celle qui est demeurée dans le ciel.

Mots clés :
azoth, nuit initiatique, quatre éléments, soleil terrestre, révélation, or vulgaire, don divin, gnose, cube, Eugène Philalèthe.

Illustration :
La déesse céleste. Cette gravure, commentée par C. del Tilo, accompagne l’édition de L’Azoth ou le moyen de faire l’or caché des philosophes de B. Valentin, dans Bibliothèque des philosophes chimiques, t. II, éd. Beya, 2003, p. 108.

L'EAU DE VIE QUI NE MOUILLE PAS LES MAINS

L'AZOTH DES PHILOSOPHES DE BASILE VALENTIN

« déclaration et explication d'adolphe »

Dans son ouvrage L'Azoth ou le moyen de faire l'or caché des philosophes, Basile Valentin1 inclut un texte dans lequel est décrite une nuit initiatique, que nous reproduisons ci-après :

TEXTE DE BASILE VALENTIN 2

Après que moi, Adolphe, j'eus, selon le désir que j'en avais, pris la résolution d'aller à Rome, j'en entrepris le voyage afin de pouvoir ensuite m'attacher avec plus de soin à la recherche de la connaissance des arts les plus secrets. Étant donc arrivé dans cette ville si renommée et me trouvant une certaine nuit hors de mon logis, grandement affaibli par les pluies et les tempêtes qu'il avait fait durant le long de la journée, j'entrai, pour me reposer, dans une caverne souterraine, dont il y a un assez grand nombre dans Rome. Ayant dans ce lieu-là fait ma prière à Dieu et imploré son assistance, étant encore à jeun, le sommeil me surprit et je m'endormis. Mais n'étant pas couché commodément, je m' éveillai sur le minuit, et je considérai la caverne qui me servait d'hôtellerie.

Alors, pensant aux ouvrages admirables de Dieu très bon et très grand et réfléchissant avec attention sur les misères de la vie humaine, je vins ensuite à raisonner en moi-même sur les secrets et sur l'œuvre des philosophes. Comme je pensais profondément à cette science, il me sembla entendre quelque bruit dans ma caverne, qui néanmoins cessait au même instant. Cependant, cela me faisait peur : je craignais que ce ne fussent des sorciers ou des larrons. Implorant de nouveau l'assistance de Dieu, j'aperçus au plus profond de ma caverne une petite lumière qui, s'augmentant peu à peu, s'approchait insensiblement auprès de moi. Tombant comme en faiblesse de frayeur, j'hésitais sur ce que j'avais à faire. Au moment même, je vois un homme très resplendissant et comme aérien, portant sur sa tête une couronne royale, qui était partout ornée d'étoiles. Le regardant attentivement et considérant toutes ses parties intérieures, je voyais son cerveau, de même qu'une eau cristalline, se mouvoir de soi-même comme les nues. Son cœur me paraissait d'un rouge de rubis. Le poumon, le foie, le ventricule et la vessie étaient purs, clairs et transparents comme le verre. La rate et le reste des intestins paraissaient aussi, mais il n'avait point de fiel, et je ne puis, par mes paroles, exprimer la clarté de cet homme, non plus que sa pureté. Effrayé de plus en plus de cette vision : Ô Seigneur mon Dieu, m'écriai-je, délivrez-moi de tout mal ! Mais cet homme s'approchant de moi : Adolphe, me dit-il, suis-moi et je te montrerai les choses qui te sont préparées, pour que tu puisses passer des ténèbres à la lumière. J'ignore qui vous êtes, lui répondis-je, que l'esprit du Seigneur du ciel et de la terre me conduise. Suis-moi, me dit-il une seconde fois, car, à cause que tu crains Dieu, ajouta-t-il, et que tu m'aimes, je t'aimerai pareillement et tu loueras le nom du Seigneur. Ayant proféré ces paroles, il me fit entrer dans le fond de la caverne où, considérant plus attentivement toutes ces choses, je vis dans sa couronne une étoile rouge très reluisante, dont les rayons pénétraient mon corps et mes entrailles. Sa robe était de lin blanc, parsemée de fleurs de diverses couleurs ; la verte, principalement, reluisait au-dedans. Outre ces choses, une certaine vapeur, toujours mouvante, montait de son cœur à son cerveau et redescendait de son cerveau dans son cœur. Enfin, il ébranla de la main la muraille, en faisant un bruit éclatant, et disparut à mes yeux. Je me trouvai de nouveau dans les ténèbres, et mon âme fut saisie d'une nouvelle crainte.

Au lever du soleil, j'allumai une bougie pour visiter l'intérieur de la caverne. Je vis la muraille ébranlée et je trouvai un coffre de plomb. L'ayant ouvert, j'en tirai un livre dont les feuillets étaient d'écorce de hêtre. Sur les feuillets était mise en écrit, pour qu'on pût s'en souvenir, la figure parabolique du vieil Adam. Je la lisais jour et nuit, et enfin, une voix me révéla ce secret et me fit connaître plusieurs choses admirables. Je regardais au midi, où sont les chauds lions, et aux lieux assujettis aux pôles et au septentrion, dans lesquels lieux sont les ourses. Je chantais les louanges du Seigneur. J' exaltais son saint nom et je connaissais le mystère de ce livre, cacheté du sceau de la nature. Je vais mettre ici ce secret, de la manière qu'il était écrit dans ce même livre.

ESSAI D'INTERPRÉTATION DE LA PARABOLE DE L'ANCIEN

L'Ancien se trouve dans le centre du monde, comme un soleil occulté dans la terre, c'est-à-dire dans celle de la nature de ce monde.

Le soleil terrestre est donc le thème de toute révélation : c'est la racine de la régénération de l'or vulgaire.

Nous comprenons ainsi sa parenté avec le genre humain, car il n'est autre que notre père Adam, dont le riche héritage est si méconnu.

Seul un don divin révèle sa gnose. Le génie bienfaisant est celui qui, en visitant le centre de la terre, nous donne son sens. Ce génie paraît être représenté par les deux grandes ailes qui dominent cette image.

Qui donc, sans son aide et sa protection, se risquerait à descendre dans ce lieu terrible, « où l'or s'épure et où couve l'âge d'or »3 ?

« Visite l'intérieur de la terre et rectifiant4 tu trouveras la pierre cachée5. » Le cube de nature, de six côtés.

Cette figure nous enseigne qu'il s'agit certainement d'une œuvre incarnée dans l'homme, car l'ensemble est soutenu par deux jambes dont les pieds reposent, l'un sur la terre, l'autre sur l'eau ; les deux mains représentent le feu et l'air.

Le vieillard est le premier principe révélé par l'art d'Hermès ; car le sel, le soufre et le mercure, le bas comme le haut, l'astre du soleil abondant en couleurs, le feu, l'air, l'eau, la terre de la génération de Diane et d'Apollon, le feu masculin, l'air féminin, tout cela ne signifie que la terre et l'eau, de poids pesant et léger, stable et fugitif, et dépouillé de la robe terrestre6.

L'eau sort de terre et retourne en terre jusqu'à l'épanouissement de la fleur blanche7 et jusqu'au mûrissement du fruit8 pourpre9.

Cette eau est représentée par le grand triangle pointe en bas, le corps, l'esprit et l'âme, que contient le cercle.

Tout cela se produit par l'opération de la conversion des quatre éléments.

Après avoir reçu en son corps le rayon pénétrant, et à partir de cette mystérieuse conjonction du ciel et de la terre, Adolphe découvrit cette arche en plomb, qui semble représenter le commencement obscur de l'œuvre.

La figure parabolique nous montre le règne de Saturne qui sera transformé en siècle d'or, c'est-à-dire le sel, le soufre et le mercure unis indissolublement : la résurrection (c'est ce qu'indique le dernier dessin rond, en bas à droite).

Cette souche, une fois ensemencée, doit être dissoute et purifiée, pour germer, fleurir, fructifier et se multiplier, ce qui est indiqué par les sept dessins circulaires successifs de la figure10.

L'oiseau du premier dessin circulaire (à gauche du signe de Saturne) représente, semble-t-il, l'agent dissolvant qui ouvre l'arche de plomb, c'est-à-dire ce qui est fixe. Les sages, non sans raison, l'ont appelé Azoth des philosophes11, que l'auteur a choisi comme titre pour son traité, car c'est l'unique Nécessaire avec le feu.

*

« LE SYMBOLE »

Dans la seconde partie de L'Azoth ou moyen de faire l'or caché des philosophes, Basile Valentin nous présente une autre figure accompagnée d'une explication12.

Eugène Philalèthe, qui cite presque textuellement cette explication dans son Traité du ciel terrestre 13, l'attribue, sans en révéler le nom, à « un des frères de la Rose+Croix dont le témoignage - dit-il - est équivalent au meilleur de tous ceux-ci, mais dont l'instruction est beaucoup plus excellente ».

Nous avons donc pensé recourir spécialement à la compétence et à l'expérience d'Eugène Philalèthe, ainsi qu'à celles de Louis Cattiaux, pour commenter cette image de façon adéquate.

EXPLICATION

Je suis déesse, d'une excellente beauté et d'une grande race. Je suis née de notre mer propre ; j'environne toute la terre, je suis toujours mobile...

Qui connut la joie en cette école du vent cuit et tâté nu14 ?

Dans cette Hylê 15, dit Raymond Lulle, tous les éléments et tous les principes naturels - aussi bien les moyens que les extrêmes - furent mélangés potentiellement « en une forme confuse d'eau ». Et cet océan spermatique primitif remplit tout cet espace que nous attribuons aujourd'hui à l'air, car - dit-il - « il s'étendait jusqu'au cercle lunaire »16.

Or cette nature changeante dont il parle, est la première substance visible tangible que Dieu ait faite17.

En termes clairs, c'est cette substance que nous appelons communément la première matière18.

C'est une vierge pure et blanche, proche de ce qui est très pur et simple... C'est l'épouse de Dieu et des étoiles... Celui qui ignore cela ne pourra jamais accéder à l'art, car il ne sait pas ce qu'il doit chercher19.

C'est en vérité quelque chose comme le vif-argent vulgaire, mais d'une brillance transcendante céleste à laquelle rien ne ressemble sur terre20.

le lait et le sang coulent de mes mamelles. Cuis ces deux choses jusqu'à ce qu'elles soient converties en or et en argent, surmontant les autres. J'enrichis celui qui me possède.

Ce n'est pas autre chose qu'une coction continue21...

Cette fine substance est l'enfant des éléments, et c'est une très pure et douce vierge, car rien n'a encore été engendré d'elle. Mais si à un moment quelconque elle engendre, c'est par le feu de la nature, car celui-là est son époux. Elle n'est ni animale, ni végétale, ni minérale, elle n'est extraite ni des animaux, ni des végétaux, ni des minéraux, mais elle est préexistante à eux tous, étant leur mère22.

Car cette vapeur était le véhicule qui a fait monter la terre pure virginale pour qu'elle se marie avec le soleil et la lune. Et maintenant elle la fait redescendre dans ses entrailles, imprégnée du lait de l'un et du sang de l'autre, à savoir l'air et le feu, lesquels principes sont prédominants dans ces deux luminaires supérieurs23.

Elle ne cède qu'à l'amour, car sa fin est la génération et cela ne s'est encore jamais fait par la violence. Celui qui sait comment la séduire et jouer avec elle, celui-là recevra tous ses trésors. Elle répand premièrement, des bouts de ses mamelons, une eau lourde et épaisse, mais aussi blanche que la neige : les philosophes l'appellent lait virginal. Deuxièmement, elle donne le sang de son propre cœur, un feu vif et céleste, appelé improprement par certains leur soufre. Enfin et troisièmement, elle lui fait présent d'un cristal secret qui a plus de valeur et de lustre que la roche blanche et toutes ses roses. Voilà ce qu'elle est, voilà ses faveurs : saisis-la si tu le peux24.

Le serviteur fugitif et méprisé qui nourrit mystérieusement le monde est devenu le maître fidèle et très précieux qui nourrit en secret les élus de Dieu. Qui verra luire le verbe ? Qui palpera la lumière ? Qui goûtera le parfum ? Qui ? Qui ? Ô qui incarnera son Seigneur dans un cœur épuré25 ?

Ô fondement très précieux, dont toutes choses sont produites dans ces terres, quoique, d'abord, tu sois un venin, décoré du nom d'aigle fugitif ! La première matière est la semence blanche et rouge, dans le corps de laquelle la sécheresse et les pluies sont encloses et cachées aux impies, à cause de l'ornement et de la robe virginale, éparse par toute la terre.

Le sperme est caché dans le corps de la terre et dans celui de la pluie26.

Tes père et mère sont le soleil et la lune et l'eau et le vin opèrent aussi en toi, comme l'or et l'argent dans la terre, afin que l'homme s'y réjouisse en cette façon. Dieu très bon et très grand répand sa bénédiction et sa sagesse avec la pluie et les rayons du soleil, à la gloire éternelle de son nom. Mais, ô mortel ! considère ici quelles sont les choses dont dieu te fait présent !

Le soleil et la lune nous éclairent, la pluie et la rosée nous arrosent, mais nul ne comprend la prodigieuse doctrine de Dieu qui suffit à tout 27.

Tourmente l'aigle, jusqu'à ce qu'il répande des larmes, et le lion, jusqu'à ce qu'il soit si fort affaibli qu'il désire la mort en pleurant.

Je te dirai que l'aigle, c'est l'eau, car elle est volatile et elle s'envole dans les nuages comme un aigle, mais je ne parle pas de quelque eau vulgaire que ce soit. Le lion vert, c'est le corps, ou la terre magique, avec lequel vous devez couper les ailes de l'aigle, c'est-à-dire le fixer, afin qu'il ne puisse plus voler 28.

Et la terre a en elle un pouvoir coagulateur, astringent, tout comme l'eau a en partie en elle une faculté adoucissante, dissolvante. La terre donc se referme sur elle -même et enferme en elle le feu, si bien qu'il ne peut y avoir de génération ou de végétation à moins que la terre ne soit ouverte, pour que le feu puisse y œuvrer en liberté. C'est ce que nous pouvons voir dans un grain de blé, où la faculté astringente, terrestre, a lié tous les autres éléments et les a terminés en corps sec compact. Or ce corps, tant qu'il est sec, ou comme dit notre Sauveur « tant qu'il demeure seul 29 », c'est-à-dire tant qu'il est sans eau, il ne peut porter de fruit. Mais s'il tombe dans la terre et meurt, c'est-à-dire s'il y est dissous par l'humidité céleste, car la mort n'est que dissolution, alors il engendrera beaucoup de fruit, comme notre Seigneur en témoigne.

C'est donc l'eau qui dissout, et la vie suit la dissolution, car à peine le corps est-il ouvert que l'esprit y remue, percevant dans le dissolvant ou eau de la rosée un autre esprit, auquel il désire être uni. Cet esprit est l'air, enfermé dans la rosée ou eau, lequel air est appelé dans les livres du philosophe « l'eau de notre mer, l'eau de vie qui ne mouille pas les mains ». Mais qui croira qu'il y a une eau sèche cachée dans l'humidité ?... Elle est appelée eau de vie, car cet air comprend en lui-même un feu, qui est la vie universelle, non encore spécifiée, et c'est pourquoi il s'accorde avec toutes les vies particulières et est bien disposé envers toute espèce de créature30.

Le sang de celui-ci, conjoint avec les larmes de l'aigle, est le trésor de la terre. Ces deux animaux ont coutume de s'engloutir l'un l'autre, de se poursuivre par un amour mutuel et de prendre la nature et la propriété de la salamandre. S'ils demeurent mêlés ensemble dans le feu sans en être offensés, ils dissipent les maladies des hommes, des bêtes et des métaux.

Après que les anciens philosophes ont eu la connaissance de ce mystère, ils ont soigneusement recherché le centre de l'arbre, qui est au milieu du paradis terrestre, en y entrant par les cinq portes contentieuses.

Or le feu particulier spécifié ou vie du grain, qui est l'aimant végétal, attire à lui le feu universel ou vie, qui est caché dans l'eau, et avec le feu il attire l'air, qui est le vêtement ou corps du feu... Ici donc est le fondement sur lequel est construit tout le mystère de l'augmentation et de la multiplication naturelle31...

La régénération et la rédemption, c'est découvrir et c'est manger le fruit pur de l'arbre unique qui chassera hors de nous la puanteur, l'obscurité et l'inertie fatale de la mort32.

La cinquième et dernière porte, c'est la projection sur les métaux imparfaits. Celui qui parvient jusqu'à cette porte est rempli de gloire et de richesses, car il possède la médecine universelle de toute sorte de maladies et elle est la preuve de ce que contient le livre de la nature, duquel sort tout l'alphabet33. Ce mystère, le plus ancien de tous, subsiste dès le commencement, avant même la création d'Adam, et c'est la science de la nature que Dieu très bon et très grand a inspirée par son Verbe. Puissance admirable, feu vivifiant, rubis très clair, or rouge et luisant, et la bénédiction de cette vie. Mais, à cause de la malice des hommes, ce mystère de la nature n'est pas découvert à beaucoup de gens, quoique sa matière soit continuellement devant les yeux de tout le monde et qu'elle soit vivante...

Ce qui touche l'?il n'est pas vu34.

La nature et les anciens sages enseignent presque à découvert les secrets divins, mais c'est Dieu seul qui en donne la compréhension35.

Ce verbe de régénération est donc cette semence de la promesse ou ciel des philosophes, brillant de tout l'éclat des astres lumineux. Abraham fut amené à le voir en contemplation.

De même, il est absolument nécessaire au philosophe véritable de connaître le Sauveur du macrocosme : c'est le ciel des philosophes ou verbe de régénération ; il n'est qu'un seul répandu dans tout le monde, en toutes choses ; on le trouve dans les corps des animaux, des hommes, des brutes, des plantes, des arbres, des fruits, des métaux, des minéraux et des pierres.

Si donc tu as une fois connu cette chose unique et si tu la caches au plus secret, au plus intime de ton cœur, tu pourras la porter avec toi, secrète et en sûreté, partout où tu iras, que tu veuilles aller par mer ou par terre, ou te faire un chemin à travers les rochers ou les feux 36.

Permets-moi donc, lecteur, de requérir ta patience, car je laisserai cette découverte à Dieu, qui, si telle est sa volonté bénie, peut t'appeler et te dire : « Voici la matière, et c'est ainsi que je la travaille37. »


1. Basile Valentin aurait vécu vers 1413 ou vers 1493, parmi les moines de SaintPierre d'Erfurt, mais rien de certain n'est établi sur ce mystérieux personnage. Son traité sur l'Azoth parut pour la première fois avec des illustrations en 1613, et, sous un autre titre, dans le recueil Occulta Philosophia (cf. J. van Lennep, Alchimie, éd. Crédit Communal, Bruxelles, 1984, p. 201).

2. Bibliothèque des philosophes chimiques, t. ii, éd. beya, 2003, pp. 122-124.

3. E. d'Hooghvorst, Le Fil de Pénélope, t. i, éd. La Table d'Émeraude, Paris, 1996, p. 116.

4. Rectifier, « rendre droit », « purifier par distillation », « améliorer ».

5. Visita Interiora Terræ Rectificando Invenies Occultum Lapidem. Les initiales de ces mots forment le mot vitriol.

6. B. Valentin, dans Bibliothèque des philosophes chimiques, t. ii, op. cit., p. 120.

7. Diane, représentée à droite.

8. Apollon, représenté à gauche.

9. L. Cattiaux, Le Message Retrouvé, éd. Les Amis de Louis Cattiaux, Bruxelles, 1991, ii, 60'.

10. Ibid., xvi, 8.

11. Azoth est le premier nom qu'Adam donna à Ève, quand il s'exclama : « Celle-ci (zoth), cette fois, est os de mes os... » (Genèse ii, 23). Si nous considérons zoth comme un substantif précédé de l'article défini ha, nous obtenons hazoth, ou azoth en écriture défective. Cf. E. d'Hooghvorst, t. i, op. cit., p. 280, n. 3.

12. Bibliothèque des philosophes chimiques, t. ii, op. cit., pp. 107-110.

13. Th. Vaughan dit Eugène Philalèthe, œuvres complètes, éd. La Table d'Émeraude, Saint-Leu-la-Forêt, 1999, pp. 241-243.

14. E. d' Hooghvorst, « Aphorismes du Nouveau-Monde », 19, dans Le Fil d'Ariane, no 63-64, p. 11.

15. Ou première matière, de laquelle le monde a été fait.

16. Th. Vaughan, op. cit., p. 476.

17. Ibid., p. 228.

18. Ibid., p. 227.

19. Ibid., p. 98.

20. Ibid., p. 228.

21. Ibid., p. 260.

22. Ibid., p. 228.

23. Ibid., p. 499.

24. Ibid., p. 229.

25. L. Cattiaux, op. cit., xxi, 28'.

26. Ibid., i, 30'.

27. Ibid., xxv, 4'.

28. Th. Vaughan, op. cit., p. 376.

29. Cf. Jean xii, 24 : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

30. Th. Vaughan, op. cit., pp. 500-501.

31. Ibid., p. 501.

32. L. Cattiaux, op. cit., xix, 68'.

33. À propos de l'alphabet, cf. infra, G. Kirkeby, « La terre vivante », See LES HIÉROGLYPHES DE LOUIS CATTIAUX.

34. L. Cattiaux, op. cit., i, 19'.

35. Ibid., vi, 19'.

36. E. d'Hooghvorst, Le Fil de Pénélope, t. ii, éd. La Table d'Émeraude, Paris, 1998, pp. 143-144.

37. Th. Vaughan, op. cit., p. 247.