PRÉSENTATION DU MESSAGE RETROUVÉ DE LOUIS CATTIAUX
Mesdames, Messieurs, C’est un grand honneur pour moi d’avoir l’occasion de vous présenter un ouvrage aussi étonnant que Le Message Retrouvé de Louis Cattiaux. Je n’hésiterai pas à qualifier ce livre de réellement extraordinaire. Pourquoi ? Car il s’agit véritablement, sans image de style, d’un livre qui n’a rien de commun avec la plupart des œuvres du xxe siècle. Il sort de l’ordinaire et je vais vous le démontrer. L’auteur, qui vivait simplement à Paris avec sa femme Henriette et son chat Poupinet, avait mûri longtemps son secret dans la solitude. Entre les années 1939 et 1946, il avait passé son temps à élaborer 12 chapitres de versets concentrés comme une quintessence distillée avec patience et épurée jusqu’à la perfection. Comme l’expliquait son ami Charles d’Hooghvorst, c’est à partir de cette époque (il avait 42 ans) que les versets commencent à jaillir de son âme vers sa plume avec une rapidité toujours plus grande. Ils surgissent à n’importe quel moment de la journée et Louis Cattiaux les transcrit immédiatement sur le premier morceau de papier qui lui tombe sous la main, et qu’il glisse ensuite dans un tiroir. Quand la récolte était suffisante, il en faisait un nouveau chapitre qu’il envoyait à ses amis. Chaque fois il croyait que le livre était terminé, mais de nouveaux versets surgissaient sans cesse. Au fond, ces versets étaient comme le choc des différents événements de sa vie quotidienne avec une réalité mystérieuse qu’il était le seul à contempler… Nous ne nous étendrons pas trop sur la biographie de Louis Cattiaux qui ne compte pas beaucoup en regard de son œuvre. D’ailleurs, sa vie extérieure ne semblait nullement réussie, et pour lui-même, il ne recherchait pas du tout la notoriété. Il se cachait constamment sous l’habit d’un charlatan. Il écrivait dans Le Message Retrouvé : Nous avons pris l’ habit de charlatan, car le mépris désintéressé du monde est moins dur à supporter que son admiration intéressée. (MR, xxiii, 61) Nous nous nommerons incapables, inutiles et stupides quand nous reposerons dans la contemplation de l’ Unique ; ou bien nous nous nommerons charlatans, bateleurs et pitres quand nous enseignerons sa sainte loi dans le monde. Il ne nous appartient pas de nous prendre au sérieux ni d’ exiger que les autres nous y prennent. Cela revient à Dieu, qui seul voit clairement le dedans des créatures. (MR, xx, 66 et 66’ ) Par contre, il savait que son livre serait connu surtout à partir de l’an 2000. Cela, il l’a écrit et il l’a dit à ses amis. Voici, par exemple, ce qu’il écrivait vers les années 50 à son ami le peintre Gaston Chaissac : Ce livre sera connu dans 50 ans car il préfigure le règne du St Esprit qui commencera en l’ an 2000. Il réussit ce tour de force unique d’ accorder contre lui les prêtres, les moines, les savants, les sectaires, les politiques. Les littérateurs et les artistes demeurent encore hésitants parce qu’ ils sentent confusément leur incapacité à pénétrer un tel ouvrage qui ne les dérange pas trop dans leurs voies… À l’époque, peu de gens l’ont cru. Tout s’est pourtant passé comme il l’avait prédit. L’auteur a quitté ce monde en 1953. Il avait 49 ans. La première grande édition de son livre en ’56 a été un échec total. Néanmoins aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, Cattiaux a été publié 19 fois, la dernière édition étant en format de poche. On le lit en français, portugais, castillan, catalan, italien, et en anglais. L’édition allemande est imminente, et Internet pullule de sites qui se réclament de Louis Cattiaux… Autre prédiction assez remarquable : l’auteur avait annoncé la fin pacifique de l’empire soviétique, par faillite économique, et sans effusion de sang. Peu de gens ont accordé crédit à cette prédiction, car Staline était triomphant à ce moment-là. Il annonçait aussi que des catastrophes géologiques suivraient, et que cela ne s’arrêterait pas là. Lisons par exemple les versets 4 et suivants du livre 38, tirés tels quels de l’édition de 1956 du Message Retrouvé : N’ avons-nous pas annoncé avec précision et longtemps à l’ avance la chute et la faillite du régime sans Dieu ? N’ avons-nous pas averti les endormis des catastrophes géologiques qui commencent à travailler le monde égaré ? (MR, xxxviii, 4 et 4’ ) Ne prévoyons-nous pas les catastrophes cosmiques qui suivront et qui ébranleront le monde révolté ? N’ entrevoyons-nous pas, hélas ! la destruction et la fragmentation du monde rebelle par sa science maudite ? (MR, xxxviii, 5 et 5’ ) Mais, même si la vérité historique a ses droits, passons sur cet aspect spectaculaire que remarquera certainement le public et qui l’inquiétera sans nul doute, vu que la situation actuelle du monde le confirme, mais qui est loin d’être la caractéristique fondamentale de l’ouvrage. De quoi s’agit-il en définitive ? Nous avons ici un livre hermétique, un livre témoignant de la science d’Hermès. Là aussi, il y a quelque chose d’extraordinaire et de contradictoire. Les livres hermétiques sont d’habitude quasi inaccessibles au grand public. Or, celui-ci, sans être d’un abord facile, est toutefois destiné à circuler parmi les hommes d’aujourd’hui, tout en choisissant ses lecteurs de manière magique. Magique ? Oui, magique ! On s’en sert de manière magique, et il répond de manière magique. Tel l’antique oracle de Delphes et sa prophétie apollinienne, on l’interroge et il répond. Telle la Sibylle de Cumes évoquée par Virgile, celle qui a guidé Énée dans les Enfers, Le Message Retrouvé répond. Mais il faut comprendre la réponse. D’ailleurs, ceux d’entre vous qui le désirent n’auront qu’à rester avec nous après la conférence pour en faire l’expérience personnellement. Nous interrogerons ensemble le livre… et vous verrez qu’il « parle », véritablement. Car il vaut mieux regarder avec ses propres yeux qu’avec les lunettes des autres… La « technique » pour s’en servir est très simple et remonte à la plus haute antiquité. Il faut se munir d’un coupe-papier, et, après avoir interrogé l’auteur du livre, introduire la pointe du coupe-papier dans la tranche du livre, ouvrir le livre en tenant bien fixé le coupe-papier, et lire le verset indiqué par la pointe. Il s’agit, en effet, de versets, disposés sur deux colonnes. Ils se lisent de gauche à droite. Parfois un troisième verset se trouve en dessous des deux autres, au milieu de la page. Son sens serait spécialement alchimique. Car Louis Cattiaux était alchimiste. Il l’était de manière si vraie, si profonde mais si cachée, que même ceux qui croyaient encore à l’alchimie et la pratiquaient en laboratoire n’ont pas admis Cattiaux comme un des leurs. Peu à peu, toutefois, les spécialistes de la question ont reconnu la qualité rare et la réalisation effective dont témoignait Le Message Retrouvé. C’est le cas, entre autres, de Madame Geneviève Dubois, l’auteur de Fulcanelli dévoilé, qui lui a consacré le premier article de son ouvrage : Ces hommes qui ont fait l’ alchimie du xxe siècle. Il faut dire aussi que ce qui a grandement contribué à cette reconnaissance, ce sont les remarquables commentaires éclairés qu’a faits Emmanuel d’Hooghvorst de l’œuvre de son maître Louis Cattiaux. Il ne s’est pas contenté de faire comprendre à ses contemporains le caractère vivant et magique du Message Retrouvé, mais il s’est aussi appliqué, avec succès, à en démontrer le caractère traditionnel, éternel. Pour tout dire, c’est à Emmanuel d’Hooghvorst que fut transmis par l’auteur du Message Retrouvé le secret de l’art, et celui-ci, à son tour, l’a manifesté surtout dans LES APHORISMES DU NOUVEAU-MONDE, publiés dans la revue belge : Le Fil d’ Ariane n° 63-64. Si vous ouvrez Le Message Retrouvé, vous serez étonnés par la fraîcheur, le naturel, le côté direct et franc du verset qui vous parle et vous répond. Cela est déjà en soi remarquable : vous n’êtes plus seul, quelqu’un se trouve là, devant vous, à vous parler ; vous n’êtes pas abandonné et cette présence peut être réconfortante, gênante, parfois effrayante, parfois même drôle ou moqueuse... Certains d’ailleurs ne résistent pas et s’enfuient, ou se moquent, ou restent interdits sans oser le montrer. Je pourrais vous citer une quantité d’expériences que j’ai faites moi-même à ce sujet… Mais, lorsque avec les années, après une étude patiente, vous découvrez que ces versets confirment Homère, Virgile, Dante, Moïse ou le Coran, vous êtes rempli d’admiration et vous ne pouvez vous empêcher de vous demander : « D’où provient l’inspiration de ce livre ? » Et là est bien la question ! En effet, Cattiaux n’était nullement ce qu’on appelle un érudit universitaire. Il avait fait des études de technicien en automobiles… C’est cette unité d’inspiration qui a fait les grands livres de l’humanité, qui à leur tour ont suscité de brillantes civilisations, rassemblé des peuples, donné du goût à l’histoire. Que serait l’Italie sans la Divine Comédie ? Qu’aurait été l’empire grec sans l’Odyssée d’Homère ? Alexandre le Grand dormait avec l’Iliade sous son oreiller. Imaginons-nous un empire romain sans l’Énéide de Virgile ? Qu’en serait-il d’Israël sans la Torah, de l’islam sans le Coran, du christianisme sans le Nouveau Testament, de l’Égypte sans le Livre des Morts ? Eh bien ! Le Message Retrouvé affirme et soutient, de manière plus évidente et plus forte que jamais, l’unité de l’enseignement de toutes ces traditions, avec la prétention de les contenir toutes dans leur universalité et leur unicité. Écoutons-le : Il y a eu le Livre des sacrifices et des rites, le Livre des morts et de l’ attente, le Livre de la voie et de l’ eau, le Livre du feu et de la purification. (MR, xiv, 15) Il y a eu le Livre de la révélation et du commencement, les Livres de la loi et de la justice, les Livres de la grâce et de l’ amour, le Livre du jugement et de la fin, le Livre de l’ ensemencement et du renouvellement. (MR, xiv, 16) Il y a eu le Livre de la foi et de la résurrection, le Livre du secret et de la connaissance, le Livre de l’ obéissance et de l’ imitation. (MR, xiv, 17) Dieu nous envoie à présent le Livre de la science et de l’ union et le suivant qui est le Livre de l’ accomplissement et de la multiplication. (MR, xiv, 18) Mais dans chacun d’ eux, les autres sont déjà contenus en entier, et ce que l’ un dit en secret l’ autre le proclame devant tous. (MR, xiv, 19) Même ceux qui n’observent le phénomène que de l’extérieur ou en nient le contenu, l’avouent avec étonnement : l’apparition de ces grands livres a quasi façonné le destin des peuples auxquels ils étaient destinés. Une foi commune, une langue d’âge d’or, voilà ce qui a fait notre passé, qu’on le veuille ou non. Mais cela nous paraît pourtant insuffisant. Nous ajouterons, nous : une foi, une langue communes, oui, mais basées sur une SCIENCE toujours identique à elle-même. C’est là la pierre de touche ! Et c’est aussi le rocher de scandale. Un mot d’explication est nécessaire ici : On pourrait (à juste titre d’ailleurs) me rétorquer : « Oui, l’influence de ces livres prophétiques fut déterminante, mais vous en oubliez tout de même les effets de sectarisme, les dissensions énormes et les guerres de religion ! » Voilà ce que nous répondons : Si la foi n’est plus basée sur la connaissance d’au moins quelques-uns, elle devient aveugle, sectaire, fanatique, violente, et surtout, elle finit par s’affaiblir. Comment ne pas reconnaître là la triste situation de notre Europe décadente ? Ne sépare-t-on pas depuis des siècles, en Occident, foi et science ? La science ne devient-elle pas de plus en plus profane, dangereuse et froide ? Quant à la foi, ne se résume-t-elle pas, chez la plupart, à un mouvement irrationnel du cœur, mêlé de sensiblerie ? Le divorce ne se consomme-t-il pas de plus en plus entre exotérisme et ésotérisme ? Or, sans juger aucun des deux camps, car nous ne sommes pas ici pour polémiquer, nous devons constater qu’historique-ment il n’en fut pas toujours ainsi. Toute l’Antiquité grecque, par exemple, a considéré Homère non comme un simple littérateur, mais comme le prince de toute science. J’en veux pour preuve que le mot « aède » (chantre, poète), vient, aux dires mêmes de l’archevêque Eustathe, du verbe grec eidô, « connaître ». Homère, dit-il, avait la science infuse. On le consultait pour la médecine, pour la géographie, pour l’art militaire, pour la musique, la mathématique, etc. C’est nous, les Modernes, qui en avons fait maintenant un homme de salon, un littéraire ! Les juifs n’ont-ils pas trouvé dans leur Torah toute leur science ? Le Talmud en témoigne continuellement. Les chrétiens n’ont-ils pas considéré Virgile lui-même comme la source du savoir, au point d’en avoir fait pendant tout le Moyen Âge un prophète chrétien ? Ce n’est que peu à peu que le sens profond de ces écrits s’est perdu et qu’on n’y a plus vu que de la littérature, pour finir par ne même plus l’enseigner dans les écoles ! Est-il besoin d’ajouter que les tout premiers chrétiens voyaient dans les Évangiles autre chose que des articles de foi ? Et, au risque de choquer certaines personnes, je rappelle que beaucoup de sectes chrétiennes du commencement vivaient en parfaite symbiose avec les fameux « mystères païens ». Nous affirmons qu’il en va de même avec Le Message Retrouvé que nous vous présentons. Il s’agit, en fait, de la PAROLE PERDUE ET RETROUVÉE, du fameux verbum dimissum. C’est la Vie du Très-Haut, qui s’appelle hai ram en hébreu, ou Hiram, c’est le grand architecte du Temple de Salomon qui a été assassiné et a été enseveli dans un lieu secret. En fait, il est le même qu’Osiris ou que Dionysos, qui ont d’ailleurs subi le même sort. L’auteur du Message Retrouvé l’a tout simplement retrouvé et l’a laissé parler. Si ce livre ne fait pas appel à la plate raison, mais à la mémoire profonde du sang de l’humanité et que donc tout homme, quelle que soit sa formation intellectuelle ou religieuse, peut y avoir accès par son intuition et, disons le mot, sa foi, il n’en est pas moins vrai qu’il contient aussi une gnose, « la » gnose, la science cachée dans tous les temps. Quand nous disons gnose, nous n’entendons pas limiter ce terme aux hérésies gnostiques particulières qui ont apparu au deuxième siècle de notre ère chrétienne. Le mot gnosis revient 29 fois dans le Nouveau Testament, donc bien avant cette époque. Nous parlons de l’éternelle gnose, celle des Égyptiens, des Chaldéens, etc. La gnose du secret de l’homme régénéré. Elle remonte à Adam. Il est normal qu’on se pose des questions à son sujet, et le public n’a aucune honte actuellement à ignorer ce qu’elle est, vu qu’il y a plusieurs siècles qu’elle est occultée, soit volontairement, soit par un oubli progressif. Si l’on voit en effet dans les Évangiles mêmes une allusion à une clé de la science (Luc xi, 52) que les docteurs de la Loi auraient prise pour empêcher les gens d’y entrer, on est loin de savoir de quelle science et de quelle clé il pourrait s’agir. D’après certains, Jésus l’aurait acquise en Égypte. D’après le philosophe néo-platonicien Porphyre, Pythagore l’aurait possédée et son disciple Zalmoxis ou Zamolxis l’aurait transmise aux Gaulois en fondant le druidisme... Il semble en tout cas que la destruction de la fameuse bibliothèque d’Alexandrie fit périr une grande quantité d’ouvrages qui en traitaient. Certains livres ont pourtant échappé à cette destruction et nous sont parvenus en passant parfois du grec au persan, du persan à l’arabe, et de l’arabe au latin… Toutefois, les livres seuls ne suffisent pas. Ils ont besoin d’une tradition, d’une transmission. Cette transmission de la clé n’est pas une formule de style, mais une véritable dot que l’on se transmet de main en main. C’est elle seule qui donne, par filiation, la compréhension des textes. Ainsi voit-on apparaître, pendant tout le Moyen Âge et aussi à la Renaissance, des personnages curieux, mystérieux, dont les écrits ou les actes manifestent la possession de cette gnose, mais qui, en même temps, font tout ce qu’ils peuvent pour ne laisser aucune trace de leur identité ou de leur personnalité. Ils écrivent en chiffres, en langage parabolique. Ils changent leur nom en anagramme, ils apparaissent puis disparaissent, et finalement, on sait très peu de choses sur leur vie privée. C’est grâce à un de ceux-là, Nicolas Valois, que Louis Cattiaux aurait renoué la chaîne de cette tradition. Or, Nicolas Valois vivait au xve siècle. Cela paraît presque incroyable, mais je vous avais prévenu qu’il s’agissait de quelque chose d’extraordinaire ! Du reste, écoutons ce que dit Le Message Retrouvé de l’aspect « scientifique » des Écritures révélées : Les plus savants et les plus intelligents prennent les Écritures révélées pour des traités d’ histoire et de morale. Les plus saints et les plus inspirés prennent ces mêmes Écritures révélées pour des traités d’ ascèse et de mystique. Où sont les sages illuminés de Dieu qui savent y reconnaître aussi la science cachée de l’ Unique Splendeur qui sauve de la mort ? (MR, xxxvii, 53 à 53’’) Ou bien encore : Les plus intelligents et les plus avancés dans l’ étude et dans la connaissance des mystères de Dieu ne pénètrent que la réalisation spirituelle. C’ est le retour à l’ état libre, mouvant et inconditionné en Dieu. Ce sont les délivrés de Dieu. (MR, xxxii, 43 et 43’ ) Quelques-uns parmi ceux-là obtiennent la connaissance de la science divine, et ils dépassent la réalisation spirituelle pour pénétrer la réalisation substantielle. C’ est l’ accès à l’ état libre, fixe et manifesté en Dieu. Ce sont les ressuscités de Dieu. (MR, xxxii, 44 et 44’ ) Et le verset qui suit (45’) parle de « la quête substantielle oubliée de tous ». Le problème pour nous, est que plus on connaît ce mystère, plus on se cache, et c’est ce que dit Le Message Retrouvé : Ceux qui possèdent la science demeurent soigneusement cachés, sauf un seul qui enseigne la voie aux hommes purs. (MR, v, 22) La science dont nous parlons enseigne à « unir des contraires de même nature » (MR, iii, 34’). C’est pourquoi on l’appelle aussi la « Science de l’Unique » (MR, xxii, 3). Pourquoi dit-on : « contraires de même nature » ? Mais parce que l’Hermétisme traditionnel enseigne qu’il y a dans l’homme deux choses qui sont séparées et qui ne devraient pas l’être. Leur séparation définitive entraîne d’ailleurs la mort, tout simplement. Or, vous savez que les Anciens n’ont jamais, contrairement à ce qu’on a tendance à croire aujourd’hui, estimé que l’homme avait été créé mortel. La mort était considérée comme un accident, une catastrophe qui était intervenue après la création. Cette catastrophe s’appelait tantôt exil, tantôt chute, tantôt faute ou erreur, tantôt péché originel, selon les différents peuples, mais ces mots signifiaient tous la même réalité : l’homme que nous sommes est raté physiquement et moralement. Il doit être régénéré. Pour retrouver sa nature première et son immortalité, l’homme doit remettre face à face ces deux parties devenues contraires l’une à l’autre, mais qui sont néanmoins de même nature. Ces deux composantes, on les a appelées Homme et Femme, ce qui est normal, puisqu’elles sont destinées à se réunir pour ne plus faire qu’une seule chose. Pensons par exemple à ce tableau de Jérôme Bosch, qui représente Adam et Ève en train de se faire rôtir à la broche par un démon. Ils sont, remarquons-le, fixés dos à dos sur la même broche, mais ils ne peuvent s’unir. Pour pouvoir les réunir, il faudra d’abord les séparer. C’est dans ce sens que les alchimistes interprètent l’histoire d’Ève qui est tirée de la côte d’Adam. Toutefois, cette opération ne peut s’accomplir sans l’aide d’en haut. Et c’est ce qui égare tant de chercheurs, car ils tentent de réaliser par eux-mêmes ce qui doit être reçu. On pourrait expliquer la chose autrement : L’Esprit divin s’est emprisonné dans l’homme, où il s’est ossifié. Il doit entrer de nouveau en contact avec son origine libre qui plane dans l’univers. Pour cela, une partie de lui-même doit se séparer par une opération que les Hébreux appellent TARDÉMAH, pour obtenir un supplément de vie qui va enclencher le processus de régénération. On pense tout naturellement à la fameuse sentence de la Table d’ émeraude d’Hermès Trismégiste, le patron des alchimistes : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas Pour accomplir les miracles d’ une chose unique. Cette connaissance peut évidemment s’appliquer non seulement aux mondes végétal, minéral et animal, mais elle est susceptible de régénérer totalement l’être humain, et c’est finalement ce qui doit nous intéresser le plus. En résumé, Le Message Retrouvé de Louis Cattiaux est un véritable vade-mecum susceptible de circuler largement dans le public, et dans lequel beaucoup trouveront un réconfort magique, des conseils pratiques, et un enrichissement spirituel certain. Beaucoup y trouveront aussi la confirmation de l’enseignement de leur religion et se mettront à espérer leur salut avec une confiance accrue. Certains autres, plus rares, pourront y puiser aussi avec le temps, la patience, l’étude et surtout l’aide de la déesse Isis, maîtresse de toutes les initiations, la connaissance de soi-même et du secret de l’Univers. Il faut aussi ajouter que Louis Cattiaux était peintre autodidacte, et qu’il a écrit un traité de peinture remarquable appelé Physique et métaphysique de la peinture, ainsi qu’une série de poèmes. Ses œuvres complètes ont été publiées par les Éditions beya sous le titre de art et hermétisme. Son disciple Emmanuel d’Hooghvorst est l’auteur du Fil de Pénélope où l’on trouve des commentaires hermétiques passionnants sur l’Odyssée d’Homère, la Divine Comédie de Dante, Virgile, les contes d’enfants, des histoires juives, etc. Il faut aussi mentionner, toujours aux Éditions beya, le livre du professeur Raimon Arola qui s’intitule : croire l’ incroyable ou l’ ancien et le nouveau dans l’ histoire des religions. On y raconte toute la genèse et l’histoire de l’amitié intense que les frères Charles et Emmanuel d’Hooghvorst ont éprouvée pour leur ami Cattiaux et le compte-rendu de tout ce qu’ils ont dit ou écrit pour faire connaître son œuvre. Mais on y découvre surtout un florilège émouvant des lettres que le poète d’Hermès envoyait à ceux qu’il guidait avec humour. Ce sont de véritables chefs-d’œuvre de profondeur, de simplicité et de sincérité tout à la fois, qui éclairent bien des passages obscurs du Message Retrouvé et qui témoignent de l’intimité de l’auteur avec son Seigneur. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne lecture et à vous remercier de votre bienveillante attention.