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Titre et auteur :
« La Voie d’Hermès » Charles d’Hooghvorst

Objet :
Extrait du Livre d'Adam, Éditions Beya, 2008, p. 229.
Le sens hermétique de tout livre prophétique ne peut être perçu sans un authentique interprète de la Parole d’Hermès.

Mots clés :
Hermétique, prophétie, herméneute, Hermès, Message Retrouvé, Louis Cattiaux, mystique, Ulysse, Adam, savoir, foi, révélation, Homère, matière, réssurrection, mort.


Illustration :
Mutus Liber , La Rochelle, 1677.

LA VOIE D' HERMÈS

À qui a été révélé la racine de la
Sagesse et qui a connu ses desseins profonds.1

Tout livre prophétique peut-être interprété et compris selon différents sens : moral, social, historique ou mystique, mais le sens fondamental et véritable de la prophétie est toujours hermétique. Ce sens-là ne peut être perçu sans un authentique herméneute, c'est-à-dire, l'interprète de la Parole d'Hermès, seul capable de guider le chercheur et de lui indiquer la Voie d'Hermès.

Le Message Retrouvé de Louis Cattiaux ne fait évidemment pas exception à cette règle ; c'est pourquoi nous l'avons qualifié de « Message Hermétique Retrouvé ».

Si le livre n'est pas accompagné d'une tradition orale, c'est-à-dire d'un herméneute, le croyant suivra naturellement une autre voie, la voie mystique, celle choisie par le compagnon d'Ulysse, Euryloque par exemple,2 qui, prudent, refusa d'accompagner Ulysse dans la voie d'Hermès, se privant ainsi du savoir sensible du Maître de la Parole, « ainsi sont les mystiques, séparant ce que Dieu veut unir ».3

Ce savoir sensible procède de la Parole perdue par Adam lors de sa chute originelle. Tel est bien le Livre que Adam ne peut plus lire. Par le fait de son incarnation en ce bas monde, l'homme possède encore cette racine du savoir, mais muette et dans un état desséché. Il ignore cependant que même dégradée, elle constitue son bien le plus précieux, étant donné qu'il ne peut ressusciter sans elle. Il cherchera donc à se libérer des liens de cette incarnation qui oppriment son esprit afin de retrouver la pureté du Grand Tout su avant. Telle est la voie mystique dont la finalité est exactement inverse à celle de la voie d'Hermès, puisqu'elle mène à la désincarnation. La voie d'Hermès est incarnée au contraire, car elle se fonde sur un appui ferme qui est appelé précisément herma, (>rma).

Quel est l'intelligent qui plongera jusqu'aux racines de sa foi, afin d'être affermi dans la révélation de Dieu.4

« La racine en est noire et la fleur blanc de lait »,5 dit Homère. La racine du savoir est le lieu en lequel l'homme peut se connaître et la divinité se connaître en lui.

L'homme par lui-même ne peut en aucune manière connaître ce Lieu, sans la Visite d'Hermès, « le dieu aux rayons clairs », qui seul peut le lui révéler. Quelle est donc cette Voie des disciples d'Hermès ? Les spéculatifs et les spirituels l'ignorent, seuls y ont part les opératifs, qui de leurs mains peuvent manipuler cette précieuse matière révélée par le dieu.

C'est ici l'union de ce qui vient d'en haut, l'Esprit universel fugitif, et de ce qui est en bas, « cette racine minérale si longtemps languissante sans chymie ».6 Voici l'oeuvre hermétique, régénérant la nature de ce monde, l'oeuvre incroyable de la résurrection des corps annoncée par les prophètes.

Nous sommes seulement chargé de vous rappeler la résurrection annoncée par les prophètes.7

Le Serviteur fugitif et méprisé qui nourrit mystérieusement le monde est devenu [lorsqu'il est fixé en son Lieu] le maître fidèle et très précieux qui nourrit en secret les élus de Dieu. Qui verra luire le Verbe ? Qui palpera la lumière ? Qui goûtera le parfum ? Qui ? Qui ? O qui incarnera son Seigneur dans un coeur épuré ?8

O Corps de gloire ! O adorable merveille, miracle de lumière palpable, ignoré des foules errantes endormies dans les mirages de ce monde !

L'humanité a-t-elle perdu la trace de ses prophètes, et leurs témoins ont-ils parlé en vain ?

Tous ont passé à travers le désert, ne laissant ni puits ni repères... et derrière eux la foule abandonnée s'embrouille sur leurs pistes... Mais eux répondent : nous n'avons pas abandonné l'homme, nous sommes tout proche de lui, ce sont eux qui l'ont abandonné pour errer loin, toujours plus loin, jusque dans la lune... qui sont allés loin de nous !9

Et pourtant dans l'Écriture, les Prophètes ne cessent de le dire ; c'est l'éternel présent de la révélation :

Tout ceci est présent devant vos yeux et à la portée de vos mains, tous les jours de votre vie. Veillez donc pour voir et priez pour connaître avant d'être engloutis par la mort.10

Que font-ils, mais que font-ils, tous ceux qui dorment dans le monde ? Mais où sont-ils donc les veilleurs de Dieu ? Que font-ils, mais que font-ils, tous ceux qui s'agitent dans le monde ? Mais où sont-ils donc, les chercheurs de l'Unique ? Oh, qui croira l'incroyable et qui recevra dans son coeur le don magnifique de Dieu ?11

Sois avisé, par conséquent, mon vagabond, de chercher avec tes propres yeux, et même avec ta propre main, cette première fondation que la Nature tient cachée en elle-même.12


1. Ecclésiastique i, 6.

2. Cf. E. d'Hooghvorst, Le Fil de Pénélope, t. i, ed. La Table d'Emeraude, Paris, 1986, p. 72.

3. Ibidem.

4. L. Cattiaux, Le Message Retrouvé xxxiii, 36'.

5. Odyssée x, 302.

6. E. d'Hooghvorst, op.cit., p. 72.

7. L. Cattiaux, Le Message Retrouvé xxi, 71.

8. L. Cattiaux, Le Message Retrouvé xxi, 28'.

9. E. d'Hooghvorst, op.cit., p. 248.

10. L. Cattiaux, Le Message Retrouvé xxxvii, 66''.

11. L. Cattiaux, Le Message Retrouvé xxxv, 74, 75, 80'.

12. Th. Vaughan dit E. Philalèthe, Oeuvres complètes, ed. La Table d'Emeraude, Paris, 1999, p. 313.