Le Fil de Pénélope II
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Cet ouvrage est composé de deux parties.

La première est un recueil constitué de textes alchimiques présentés, annotés et quelquefois traduits, par le Baron d'Hooghvorst de 1995 à 1994.

Ils furent publiés dans la revue INCONNUES et LE FIL D'ARIANE.

PREFACE de J-C. et J. Lohest

"Rebis précieux de l’or qu’on lit en son idole amuse les rusés, et l’élu opérant l’a fardé en son dire": remarquable définition de l’alchimie qu’un visiteur mystérieux avait laissée inscrite dans un livre d’or, à Bruxelles, lors de l’exposition "Alchimie" organisée par le Crédit Communal de Belgique en 1984.

Après avoir traité de sujets en apparence bien différents comme la tradition grecque et latine, les contes de Perrault, les Tarots, la cabale juive et autres dans le premier tome du Fil de Pénélope, le Baron d’Hooghvorst offre aujourd’hui aux lecteurs une sélection de textes alchimiques allant de Raymond Lulle à Barent Coenders van Helpen, qu’il intitule Le Fil de Pénélope, tome II.

Ce titre, choisi à nouveau pour le présent ouvrage, est sans aucun doute surprenant pour une anthologie alchimique. Le rapporter à la seule histoire du linceul de Laërte, apparaît aujourd’hui comme une explication bien insuffisante.

Mais qu’est donc ce mystérieux Fil de Pénélope? Examinons ce que nous en dit l’auteur à propos des prétendants qui assaillent Pénélope de leur désir d’épousailles:

"Ne pouvant se débarrasser de ces importuns, elle trompe leur attente: "Je prendrai mari", leur dit-elle, "lorsque j’en aurai fini de tisser le linceul du vieux Laërte mon beau-père". Laërte dont le nom signifie l’assembleur des peuples, est bien cet Art ancien, perdu et oublié.

Mais la nuit, à la lueur des torches, Pénélope défaisait ce travail du jour...

La tisserande nous donne ici la clef de son art: "La nuit", dit-elle, "je défais ce travail du jour". Que désigne le jour? Le temps dévorant toute sève et tarissant la vie. En nocturne chymie de Pénélope se découd le linceul fatal de l’Art enseveli, réanimant alors son soleil, et voilà l’attente d’un doux mari revenu en paix."

Et plus loin:

"La Bible des Grecs n’a pas de sens sans le Fil mis de notre Pénélope. Elle seule, en effet, voit la trame dont sont tissées les fables; tel est le génie perdu des conteurs et des poètes: une belle fée oubliée."

Et encore:

"L’essentiel est, toutefois, le Fil de Pénélope".

Ce Fil ne serait autre que la lumière de nature, le fil lumineux, le don de Dieu, l’esprit du soleil qui éclaire dans la nuit, permettant au disciple de l’Art de démêler les énigmes et les pièges dans l’élaboration de la Pierre.

"La Nature a une lumière propre qui n’apparaît pas à notre vue, le corps est à nos yeux l’ombre de la nature; c’est pourquoi, au moment que quelqu’un est éclairé de cette belle lumière naturelle, tous nuages se dissipent et disparaissent devant ses yeux, il met toutes les difficultés sous le pied, toutes choses lui sont claires, présentes et manifestes..."

Ce Fil rappelle le mystérieux Fil d’Ariane qui permit à Thésée de sortir sain et sauf du Dédale de Crète, ou encore le Fil du milieu qu’il faut, nous dit-on, "saisir". Celui-ci est nécessaire au lecteur s’il veut pénétrer les secrets de la Philosophie car "il n’y a pas de cabale sans chymie, ni de chymie sans cabale".

Et si ce Fil est la clef indispensable pour ouvrir la porte de l’alchimie, on peut également supposer qu’il l’inspire. En donnant ce titre au présent recueil alchimique, l’auteur met en évidence l’unité d’inspiration et d’expérience de tous les textes révélés.

Par son étude et sa prière, il incombe au lecteur d’attirer la venue d’un maître qui lui permettra de saisir ce fameux Fil de Pénélope, comme l’auteur l’avait peut-être obtenu de son maître, Louis Cattiaux. N’est-il pas dit que l’on attire un maître en fonction de l’amour que l’on porte à ses écrits?

Avant de nous plonger dans l’étude de ces textes qu’Emmanuel d’Hooghvorst choisit pour ses amis, méditons le conseil qu’il nous donne:

"Vivre en chrétiens et invoquer avec une foi d’enfant le secours de la Haute-Mère-Dieu qui ne refuse jamais ses dons aux amants de la vie pure lorsqu’ils se présentent à elle avec repentir et humilité".

L’alchimie n’est permise qu’à ceux qui sont vraiment assez détachés pour recevoir la puissance, la richesse et la vie dévoilée sans jamais avoir la tentation de s’en servir contre quiconque ou pour écraser les autres ou pour se glorifier personnellement. Malheureusement, beaucoup de ceux qui l’abordent le font dans un esprit de lucre qui les égare irrémédiablement, et toute leur malice se tourne contre eux, les ruine de toutes façons et les fait piétiner devant le mur de la raison raisonnante pendant toute leur vie, malgré leur foi remarquable en la réalité de la science divine. C’est pourquoi il faut prier et attirer les maîtres qui ont possédé cette science sainte, afin d’être inspiré par eux dans sa recherche si longue et si difficile qu’à peine un ou deux hommes sur des milliards d’individus y parviennent...

(Louis Cattiaux, "Florilège cattésien", dans le Fil d'Ariane, 1980, n°11, p.71.)