SUR LA TRADITION HERMETIQUE

La Tradition Hermétique, selon EH, est la chaîne des adeptes qui, au sein ou en marge d’une tradition ont réalisé le Grand Oeuvre.  Il écrit :

 « Ne dit-on pas des disciples de notre Phi­losophie qu’ils sont fils d’Hermès?  Il s’agit bien d’une filiation légitime et patriarcale et non d’une simple façon de parler. » (Le Fil de Pénélope Tome 1, p. 21.) 

Logiquement, la Tradition Hermétique a toujours existé dans la tradition occidentale, parallèlement au développement de l’église chrétienne; il semble donc indispensable, pour ceux qui recherchent le sens profond et opératifs des textes, des symboles et des rites chrétiens, d’étudier la révélation évangélique ainsi que les témoignages des sages. Très souvent oubliés ou condamnés par l’église officielle, ceux-ci ont toujours lié le christianisme à ses sources, c’est-à-dire à la tradition hébraïque et classique qui a leur tour ont recueilli le mystère du saint destin d’Osiris.   

 

Ces deux traditions nous enseignent l’unité de Dieu c’est-à-dire la résurrection d’Osiris, mais chacune d’elle insiste sur un aspect différent de l’unique réalité. Ainsi, la tradition hébraïque met en évidence le mystère de la révélation divine, à travers la réception du don du ciel qui est le principe inéluctable de toute vérité, et qui est l’authentique Cabale. La tradition grecque souligne avec plus d’emphase le mystère de la science de Dieu, c’est-à-dire le processus à suivre après avoir reçu le don initiatique. Ce processus est appelé Hermétisme ou Alchimie.

 

Le christianisme est né de ces deux traditions réunies dans une admirable harmonie; mais il semble que l’aristocratie de l’esprit qui permit cette union, fut décapité dès l’origine et méprisé par l’église de ce monde.

 

Il n’empêche, que tout au long de l’histoire et sous différents noms, des chrétiens éclairés par l’Esprit Saint sont retournés aux origines et ont enseigné le mystère de la révélation christique a partir de la Cabale et de l’Hermétisme. Une de ces époques fut la Renaissance des  XVème et XVIème siècles, lorsque cohabitent dans les villes italiennes et du centre de l’Europe, la Cabale hébraïque, enseignée par les juifs expulsés d’Espagne et l’Hermétisme païen expliqué par les chrétiens néoplatoniciens expulsés de Byzance par les Turcs.

 

Henry Cornelius Agrippa de Nettesheim (1486-1535) fût un de ses grands maîtres qui réunit le christianisme avec la Cabale et l’Hermétisme. Dans son livre La Philosophie Occulte ou La Magie, il définie cette réunion par le terme de Philosophie Occulte. A cette même époque, pendant que Agrippa écrivait sa Philosophie Occulte, un des artistes les plus inspirés de toute l’histoire de l’art occidental : Michel Ange peignait la célèbre Chapelle Sixtine. Le programme iconographique des fresques semble être sensible à la Philosophie Occulte. Il est centré sur la représentation au dessus de l’autel, de la seconde venue de Jésus-Christ pour juger les vivants et les morts et pour établir son règne qui n’aura pas de fin; de sa main gauche il condamne les réprouvés et de sa droite il sauve ceux qui auront cru en sa parole. De l’avènement tout-puissant et triomphant de Jésus-Christ il y a sept prophètes du peuple d’Israël et cinq Sibylles du monde classique qui en sont témoins ; c’est-à-dire sept représentants de la Cabale et cinq de l’Hermétisme. Les images de ce génie universel résume le sens de la Tradition hermétique.

 

En définitive la Philosophie Occulte n’est pas loin de l’authentique gnose Chrétienne, à propos de laquelle EH a écrit :

 

« N’est-il pas écrit dans l’Evangile selon saint Luc ? : « Quant à  toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour lui préparer les voies ; pour donner a son peuple la gnose du salut » ( I, 76)

Et dans II, 52 : « Malheur à vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clef de la gnose ; vous n’êtes point entrés et vous avez empêché ceux qui voulaient entrer ! »

 

Le mot gnose se trouve dix huit fois dans saint Paul et trois fois dans saint Pierre, dont nous citons la recommandation suivante (II Pierre III, 18) :

« … Mais croissez dans la grâce et dans la gnose de notre Seigneur et Sauveur. »

 

Faudrait-il réécrire l’Evangile de Celui qui a dit (Mathieu II, 30) : « Mon joug est doux, et mon fardeau est léger ».  Faudrait-il, donc, réécrire l’Evangile afin de l’adapter au goût du jour ?

 

On confond souvent la gnose avec les doctrines des sectes gnostiques, que nous ne connaissons pas bien, qui se sont développés au II° siècle et qui ont été condamnées et exclues par la Grande Eglise. En effet, la gnose se confond avec la cabale et l’hermétisme. Ce sont des mots différents pour expliquer une seule expérience condamnée par ceux qui ne la possèdent pas.  Mais nier ce don du ciel ne serait-ce pas s’en exclure?  

ARTICLES

TITRE AUTEUR REFERENCE

Conte sur l'humilité

Louis Cattiaux

Le Fil d'Ariane n°1, 1977, p. 47
L'hermétisme : lettres à ses amis Louis Cattiaux Le Fil d'Ariane: divers numéros
Le tombeau du poète Louis Quarles Le Fil d'Ariane n° 43-44, 1991, p.109
La mort initiatique: textes choisis Raimon Arola Le Fil d'Ariane n° 57-58, 1996, p. 47
Exégèse et herméneutique A. Lynxe Le Fil d'Ariane n° 67-68, 2000- 2001, p. 83
Le chat botté Emmanuel d'Hooghvorst Le Fil de Pénélope tome I
La gloire du monde Robert de Valle présenté par Claude Froidebise Le Fil d'Ariane n° 48-49,1993, p. 58
Prière et louange d'un arbre A. Delfosse - Thys Le Fil d'Ariane n° 33,1993, p. 80
Les tarots Emmanuel d'Hooghvorst  Le Fil de Pénélope tome I
Arias Montano et la Sagesse des Ecritures Lluïsa Vert La Puerta, Magia, Septembre 1993, p. 149

                

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